Le night-club par David Lynch

Niché au cœur de Paris, le Silencio tient son nom du célèbre cabaret du film Mullholland Drive. Et pour cause, c’est à l’auteur du long-métrage, David Lynch, que la direction du club parisien a confié la conception et la décoration intérieure du lieu, ouvert le 30 août dernier.
Au talent du réalisateur ont été associés le savoir-faire de grands noms de l’artisanat comme les ateliers de dorure « Gohard » ou les éditeurs de design « Domeau & Pérès ».

Le grand escalier noir du club invite le visiteur à s’immerger six mètres sous terre dans un univers raffiné, tramé d’or, de lumières et de matières. Dédié aux arts, cet espace pluriel offre une salle de concert, un cinéma, une bibliothèque ainsi qu’un fumoir répartis autour d’un point central, le bar. Un agencement finement étudié pour permettre aux disciplines de dialoguer sans contrainte.
De 18h à minuit, artistes, écrivains, plasticiens, musiciens et cinéastes s’y rencontrent, échangent et distillent les composantes de la création de demain.

Parallèlement à sa programmation permanente, le club propose des événements ponctuels mettant à l’honneur un artiste, une thématique ou faisant écho à des manifestations nationales telles que la Fiac ou les Fashion weeks.

Le Silencio est ouvert de 18h à 6h, mais accueille exclusivement les détenteurs d’une carte d’abonnement de 18h à minuit. Passée cette heure, l’entrée est libre et ouverte à tous.

Article rédigé par Albane De Longpré – journaliste indépendante

Silencio – 142, rue Montmartre 75002 Paris
Abonnements : carte simple 780€/an ; carte + 1500€/an ; tarif réduit (moins de 30 ans) : 420€/an

Andrée Putman, madone du design

Celle que le Süddeutsche Zeitung place « au-dessus du goût » commence sa carrière par un coup d’éclat : l’entrée de l’art chez Prisunic. Elle persévère avec « Créateurs et Industriels », première vraie rencontre des créateurs et du grand public.

Dans les années 80, elle libère de l’oubli des designers majeurs en rééditant les oeuvres d’Eileen Gray, Robert Mallet Stevens, Mariano Fortuny, Jean-Michel Frank… A New York, elle invente une vision moderne de l’hôtellerie en créant le premier « boutique hotel », Morgans, en 1984. Elle imagine des points de vente pour les plus grands de la mode (dont Karl Lagerfeld, Yves Saint-Laurent, Azzedine Alaïa, Thierry Mugler), des hôtels (le Pershing Hall et le St James à Paris, le Ritz Carlton à Wolfsburg, le Wasserturm à Cologne, le Sheraton à Roissy, l’hôtel du Lac à Tokyo), des restaurants dans le monde entier, et les bureaux de ministres et de capitaines d’industrie. Ses succès encouragent son penchant naturel pour l’éclectisme : du musée de Beaux-Arts à Rouen au CAPC à Bordeaux, du Guggenheim à New York à l’Exposition universelle de Séville, des décors de cinéma pour Peter Greenaway au Concorde d’Air France. Ces dernières années, elle signe une importante collection d’argenterie et de bijoux avec Christofle, un seau à champagne pour Veuve Clicquot et réinterprète le mythique Steamer Bag pour Louis Vuitton. Au chapitre de ses récentes réalisations d’architecture intérieure, on trouve l’époustouflant Blue Spa de l’hôtel Bayerischer Hof à Münich et le porte-étendard de Guerlain sur les Champs-Elysées. A la pointe de l’avant-garde et de la modernité, sa curiosité et son insatiable énergie la conduisent sans cesse vers des projets et des horizons nouveaux : star incontournable du design, elle impose désormais son style unique à Hong Kong, où elle signe le design extérieur et l’architecture intérieure de deux gratte-ciel, dont une résidence hôtelière de trente-et-un étages qui porte son nom : « The Putman ».

André Putman
Nikolas Koenig – Courtesy Morgans Hotel Group
André Putman
Nikolas Koenig – Courtesy Morgans Hotel Group
André Putman
Nikolas Koenig – Courtesy Morgans Hotel Group
André Putman
Nikolas Koenig – Courtesy Morgans Hotel Group
André Putman
Nikolas Koenig – Courtesy Morgans Hotel Group

En 2007, c’est un nouveau et grand chapitre qu’Andrée Putman souhaite écrire en confiant à sa fille Olivia les rênes de son agence de design et d’architecture intérieure, et pérenniser ainsi un savoir-faire, une griffe, un style, une estampille. « Nous nous sommes aperçus que notre nom était devenu, avec le temps et la renommée d’Andrée, un adjectif qualificatif. Un projet était Putman ou n’était pas Putman !», déclare t-elle. Depuis deux ans, Olivia, directrice artistique, travaille donc en transversalité avec toutes les équipes de l’agence. Paysagiste de formation, elle souhaite perpétuer cet esprit touche-à-tout sans cesse revendiqué par Andrée Putman.

Après Paris et Tokyo, Andrée Putman a conçu la nouvelle boutique Anne Fontaine sur Madison Avenue, à New York, inaugurée en juin 2008. Bertrand Delanoë a choisi de confier en janvier 2008 à Andrée Putman la présidence du premier Comité Design Paris qui a pour mission d’engager des réflexions et d’émettre des avis dans les domaines du mobilier urbain, les équipements publics parisiens et les uniformes du personnel. Le 12 juin 2008, Pleyel, la plus ancienne marque française de pianos, a présenté son dernier né : le demi-queue « Voie Lactée », dessiné par Andrée Putman. Le piano a été conçu comme une boîte à musique dont la ligne a été complètement épurée.

Le 10 septembre 2008, 25 ans après son inauguration, l’hôtel Morgans rouvre ses portes en fanfare après une rénovation complète conçue par Andrée Putman qui avait imaginé le premier « boutique hôtel » pour Ian Schrager et Steve Rubell. Au même moment, une grande exposition consacrée à la créatrice était organisée à l’Ambassade de France, sur la 5e Avenue.

En janvier 2009, Andrée Putman reçoit le prix du meilleur designer de l’année au cours de la cérémonie des Globes de cristal organisée en partenariat avec le Ministère de la Culture et de la Communication à l’occasion de laquelle ont voté plus de 4000 journalistes.

En 2009, l’Agence Andrée Putman a présenté une nouvelle chaise pour l’industriel américain EMECO, une collection de lunettes pour Romain Afflelou, une collection de boîtes à la galerie «En attendant les Barbares» ainsi que la scénographie pour les concerts de Christophe à l’ Olympia et au Château de Versailles ainsi que la scénographie de l’exposition Madeleine Vionnet au musée des Arts déco. Au salon Maison et Objets sont présentées les dernières créations du studio pour Laguiole, Toulemonde Bochart, Drucker et Emeco.

Boom boom

Et le cœur fait BOOM BOOM !

« Boom Boom » c’est le nom d’une nouvelle petite enceinte qui promet de nous mettre les oreilles sans dessus dessous. Conçue par le designer Mathieu Lehanneur, « Boom Boom » est stylée et innovante, et surtout « Boom Boom » parle ! Rencontre avec cette extraterrestre venue sur terre pour nous faire groover.

Mais qu’elle est sympa cette enceinte !

« Boom Boom » a déjà la chance d’avoir une jolie petite dégaine bien balancée. Et sa ligne, c’est à Mathieu Lehanneur – designer de son état – qu’elle le doit : « Je voulais une enceinte portable aussi simple, instinctive et désirable qu’une pomme tout juste tombée de l’arbre. Un objet sonore à saisir » explique l’audacieux créateur. La petite enceinte multi-facette a pris le parti de la facilité et de la mobilité avec une simple connectique casque et un bluetooth. De quoi écouter un son en pure qualité ou passer ses appels depuis n’importe quelle plateforme.

Voila pour ce qui est de son enveloppe. Mais ce qui fait que « Boom Boom » est différente de ses milliers de copines, c’est qu’elle, elle parle ! « Bonjour, on va s’écouter un petit son ? », voilà un peu le genre de phrases que vous décroche la petite enceinte mobile. Alors, vous nous direz que c’est une recette assez simple certes, mais nous, on adore !

[box] « Boom Boom » par Binauric – 3 couleurs : kaki, bordeaux, blanc – Prix : 199 € – binauric.com [/box]

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Andrien De Melo

Andrien De Melo

Pour sa première exposition personnelle, Adrien De Melo présente à la galerie BSL une vision structurelle de l’objet, squelette premier qu’il habille de peaux minérales ou végétales. Ce jeune designer issu du monde de la production artistique y explore un point de tension intime entre le vrai et le faux, entre la nature vraie et la nature reconstituée, ici évocation d’un paysage forestier, métaphore d’une surface rocheuse. Au fil de sept objets en édition limitée, il dévoile la carte d’un territoire imaginaire où l’onyx, la céramique et le bois déploient un jeu élégant fait de recompositions techniques irrévérencieuses.

Fauteuil « My Mountain »

My Mountain est la montagne que nous aurons tous un jour à gravir. Géométriquement, la forme est basée sur un relevé topographique du Mont-Blanc, quatre de ses crêtes formant ainsi le piètement. En plan, elle donne à lire la coupe longitudinale d’un relief ou d’une surface rocheuse, dans laquelle l’usager est invité, par métaphore, à profiter du paysage. L’assise explore le registre des fauteuils princiers en évoquant des classiques tel le « Little Albert » de Ron Arad.

Andrien De Melo

Table « Sliced »

La table « Sliced » est une recherche formelle et fictionnelle dédiée à la reconstitution de la coupe verticale d’un tronc d’arbre à partir de neuf essences de bois, le tout formant un patchwork nervuré, dynamique et contrasté. Représentation décalée d’un paysage forestier, longue de 250 cm, « Sliced » vient signifier et valoriser ce qui finalement disparaît aujourd’hui dans le processus d’industrialisation du bois : la forme, la texture et le caractère même des essences.

Le plateau est réalisé en composite nid d’abeille et neuf essences de bois enveloppant toutes les faces : wengé, chêne, acajou d’Afrique, noyer d’Amérique, frêne foncé, frêne clair, hêtre étuvé, merisier d’Amérique, érable canadien. Chacun des quatre piétements est tourné manuellement à partir d’un seul bloc d’aluminium brossé pour atteindre la forme conique la plus épurée possible, à l’image d’un piédestal abstrait destiné à valoriser le travail d’ébénisterie exécuté sur l’ensemble du plateau.

Andrien De Melo

Vase « Point break »

Vase en faïence émaillée décliné en trois coloris – blanc optique, bleu orage, noir d’encre – « Point break » figure un moment de tension, de fusion et de fission. Jouant des équilibres et des déséquilibres, il suggère la rencontre à la fois implosive et explosive de deux forces, phénomènes ou personnalités contraires. Deux natures en un seul objet qui vient peut-être incarner, dans sa tension minérale, le combat intérieur aussi paradoxal que permanent entre nos docteur Jekyll et mister Hyde.

Andrien De Melo

Tabouret « Stripes »

Entre la table « Sliced » dont elle reprend l’approche formelle d’une pièce de bois construite à partir de plusieurs essences, et le fauteuil géologique « My Mountain » dont elle explore l’idée de sédimentation et de stratification historique, la collection « Stripes » (tabouret, banc et table basse) est la synthèse formelle de cette exposition.

« Stripes » a pour unité de base un « objet-arbre(s) » dense et visuellement dissymétrique,  présentant trente strates de bois massif issus de trois essences qui sont autant d’anneaux évoquant des cycles de vie, sa généalogie, ou les épreuves qu’il aurait traversées. Son allure ascendante et fuselée évoque le savoir-faire du potier, comme si l’objet avait été tourné d’un seul tenant, l’ensemble fusionnant pour s’ériger dans un geste de verticalité.

Tabouret « Stripes » décliné en 2 versions : merisier d’Amérique, wengé, noyer d’Amérique ou frêne claire

Solo show Adrien de Melo – 9 septembre au 26 novembre 2011
Galerie BSL 23 rue Charlot,75003 Paris – Tél. : 01 44 78 94 14 – galeriebsl.com